En attendant le verdict officiel

En attendant le verdict officiel

Posté le 07/02/2017

En ce début de la nouvelle année, on prend toujours un moment pour revoir celle qui vient de se terminer. Il en est de même dans le monde du jeu où chacun y va de sa propre liste des dix meilleurs jeux de l’année précédente. Cette liste étant très personnelle, elle est donc très diversifiée. Pour une douzaine de ces sélections, un total près de 100 jeux ont été mentionnés pour faire partie des listes individuelles. Cependant en compilant les résultats, on peut donc y observer des tendances.

Voici donc la compilation des dix meilleurs jeux de la dernière année :

 

Nom

Points cumulés

Décrit dans une précédente chronique

1

Terraforming Mars

830

Oui

2

Le Festin d’Odin (A Feast of Odin)

760

Oui

3

Mechs vs Minions

700

Non*

4

Star Wars : Rebellion

640

Oui

5

Great Western Trails

590

Oui

6

Les Demeures de l’Épouvante 2e Ed (Mansion Madness)

390

Oui

7

Inis

350

Oui

8

Manhattan Project : Energy Empire

350

Non*

9

Cry Havoc

340

Oui

10

Project : Elite

310

Non*

*Les jeux qui n’ont pas encore été décrits, le seront certainement lors d’une prochaine chronique.

Il faudra encore quelques mois pour connaître vraiment les meilleurs jeux de 2016, mais en attendant, vous pouvez toujours vérifier ce classement pour vous faire votre propre idée.

 

Des jeux hors de l’ordinaire :

Les jeux de plateaux mettent à profit la stratégie, la tactique et l’intellect des joueurs. Les deux jeux qui suivent demandent des habiletés différentes dont la principale est la dextérité.

Tous deux publiés par une compagnie nouvelle dans le marché du jeu : Pretzel Games, ces jeux sont présentés dans une boîte en bois dont le couvercle se glisse dans une charnière. La présentation et les pièces de jeu sont de toute première qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Flick’em Up !

Auteurs :

Jean Yves Montpertuis

# joueurs : 2 à 10

Durée : 45 minutes

Type : Compétitif

Âge : 8+

Catégorie : Euro moyen

But du jeu : Le jeu se présente sous forme de 10 scénarios qui couvrent une grande variétéd’expériences de jeu : Éliminer un ou des adversaires, attaquer la banque, capturer un personnage en vue d’obtenir une rançon… Le scénario se termine lorsque soit le but proposé est atteint ou que l’horloge de l’hôtel de ville indique 12h.

Thématique : Flick’em Up! nous plonge en plein Far West où l’on peut reproduire un village western du XIXe siècle à l’aide du matériel fourni. Il est donc possible de retrouver en 3D : un saloon, une banque, le bureau du shériff, un magasin général, un hôtel de ville et même la maison du fossoyeur…. Les « meeples » sont en position debout et ont leur propre chapeau de cowboy à la couleur de leur clan « les bons » et « les vilains » et un numéro unique pour les différencier les uns de autres. D’autres accessoires sont aussi fournis pour mettre de l’ambiance : des clôtures, des barils, des cactus, des bottes de foin… Selon le scénario, il faudra placer différents bâtiments de façon à former un endroit relativement circulaire où évolueront les protagonistes et n’oubliant pas d’y ajouter les objets qui pourront servir d’obstacles ou d’abris aux personnages qui s’y retrouveront.

Mécanique : Les joueurs sont divisés en deux clans. Pour déplacer leur(s) « meeple(s) », ils doivent donner une pichenette sur un disque. Leur personnage se retrouvera donc à l’endroit où s’est  arrêté le disque. Pour entrer dans un bâtiment, les joueurs doivent amener le disque de déplacement au-travers de l’espace libre à la base du bâtiment. Un fois à l’intérieur, ils seront à l’abri des attaques des personnages de l’autre clan et pourront dépenser une action pour s’emparer d’un butin ou d’un otage. Pour éliminer un adversaire, ils doivent propulser un disque un peu plus petit (représentant une balle de fusil) avec suffisamment de force pour faire tomber le personnage de l’adversaire. Ce faisant, il perdra « une vie ». Il faudra donc le faire basculer à plusieurs reprises pour qu’il soit définitivement retiré du jeu. Il est même possible de tirer de l’intérieur d’un édifice en poussant le disque « balle » au-travers de l’espace par au bas du bâtiment.

Commentaires : Si votre enfance a été bercée par les films-western, ce jeu est pour vous. Il est possible de recréer toutes les actions que l’on peut retrouver dans ces classiques. Bien entendu le jeu plaira surtout à ceux qui ont une dextérité fine, mais même si vous avez de la difficulté à viser juste, vous pourrez aussi y retrouver votre compte.

 

La qualité et la quantité du matériel en font un jeu relativement dispendieux, mais une nouvelle édition parue un peu avant Noël se vend beaucoup moins cher; bien sûr il faudra oublier la boîte de rangement en bois, mais vous pourrez y retrouver le même plaisir.

 

Il existe actuellement deux expansions :

1)      « Stallions et Canyons » où on y retrouve principalement des chevaux, mais aussi de nouveaux bâtiments et 8 nouveaux scénarios et de nouvelles règles.

2)      « Red Rock Tomahawk » où on introduit les Indiens ainsi que les arcs, les flèches et les tomahawks. De plus 5 nouveaux scénarios, de nouvelles règles sont ajoutés.

 

Malgré les titres anglophones, le jeu comprend des règles et un livret de scénarios en langue française.

 

Editeur : Pretzel Games

Edition française : Pretzel Games

 

#BBG : 421

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Junk Art !

Auteurs : Jay Cormier

# joueurs : 2 à 6

Durée : 30 minutes

Type : Compétitif

Âge : 8+

Catégorie : Euro moyen

But du jeu : Obtenir le plus d’admirateurs en construisant des œuvres d’art à partir de pièce de rebuts d’où le titre Junk Art.

 

Thématique : Le jeu se présente sous forme d’une exposition d’œuvres d’art où des artistes (les joueurs) sont en compétition pour attirer le plus grands nombre d’admirateurs (de jetons). L’exposition se déroule   dans 3 villes différentes du monde (3 rondes de jeu). Chaque ville précise quelles seront les contraintes (les règles de jeu) auxquelles seront soumis les joueurs et le nombre d’admirateurs qui seront attribués aux joueurs qui se seront démarqués de leurs compétiteurs.

 

Mécanique : Le jeu comporte 4 séries (chacune de couleur différente) de 15 pièces en bois aux formes variées (pot de fleur, sphère, haltère, cône tronqué, cylindre… . À  chacune des 60 pièces est associée une carte montrant à la fois la forme et la couleur de la pièce. Un paquet de 15 cartes identifiées à des villes réparties un peu partout dans le monde.

 

Pour débuter la partie 3 cartes « villes » sont tirées au hasard. Ces villes seront jouées à tour de rôle. Après la 3e ville, les points seront cumulés et le vainqueur sera connu.

 

La compétition dans une ville commence en lisant dans le livre de règlement les contraintes et les conditions de victoire. Par exemple on pourrait lire : Chaque joueur se voit attribuer 3 cartes. Il en garde une et passe au joueur à sa gauche les deux autres. Après avoir consulté les 3 cartes, il choisit au centre de la table les pièces associées aux cartes qu’il a entre les mains. Le joueur doit placer ces 3 pièces sur le socle qui lui a été attribué. Le processus se reproduit avec 3 nouvelles cartes et en plaçant les nouvelles pièces sur la structure entamée. Un joueur peut faire tomber jusqu’à 3 pièces de sa structure avant d’être éliminé. Le joueur restant remporte 5 admirateurs, si plusieurs joueurs sont encore en jeu lorsque le paquet de cartes est épuisé, ceux-ci remporte 3 admirateurs.

 

Chacune des villes impose des conditions : du nombre de cartes en jeu, de pose de pièces, du nombre de pièces pouvant tomber du nombre de la façon dont les admirateurs seront attribués aux joueurs. Voici d’autres exemples : au lieu d’avoir une construction individuelle, les joueurs se doivent de faire une construction unique où chacun place la pièce qui lui a été impartie. Dans un autre cas, après avoir placé une pièce, chacun des joueurs se déplace à sa gauche et hérite de la structure de ce joueur. Dans une autre ville, les admirateurs seront attribués aux 3 constructions les plus hautes : 5 à la plus haute, 3 à la seconde et 1 à la 3e.

 

Commentaires : Ce jeu a été pour notre groupe, le succès du temps des Fêtes. Il est très accessible, même pour les plus jeunes. Les parties sont courtes et les gens en redemandent. La rejouabilité est très grande car chaque partie n’utilise que 3 des 15 cartes « villes ». Les conditions de victoires sont très variées : dans certains cas, il n’y a pas de pénalité à faire tomber des pièces, dans d’autres une limite de 3 est imposée et finalement le fait de faire tomber une seule pièce élimine le compétiteur pour cette ville.

 

Les pièces en bois, aux formes hétéroclites, ont bien été pensées et la créativité des joueurs nous font découvrir de nouvelles façons de les associer.

 

C’est un succès assuré. À titre d’exemple, après avoir joué une première fois, deux des membres de notre groupe de jeu ont tenu à se procurer une copie personnelle de Junk Art pour jouer dans leur famille…

 

Editeur : Pretzel Games

Edition française : Pretzel Games

 

#BBG : 1020

 

 

Que nous réserve 2017 ?

Même si l’année est encore très jeune, les campagnes de socio-financement (kickstarter) nous donnent quelques indices des tendances des jeux qui seront mis en vente cette année.

Il semble bien que cette année sera celle :

1)       des jeux coopératifs et particulièrement du style « Legacy » (des jeux qui évoluent tant au niveau des règles que de l’apparence physique du plateau de jeu au fil des parties jouées).

2)       Des jeux incluant des figurines au lieu des « meeple » en bois.

3)      Des jeux utilisant des applications technologiques (apps) comme aide de jeu ou en remplacement d’un maître de jeu.

4)      ….

Deux de ces jeux ont attiré mon attention. Le premier intitulé Gloomhaven est un jeu d’aventures fantastiques où les joueurs partent dans différentes quêtes présentés sous forme de scénarios. Ces scénarios peuvent être reliés entre eux pour former une campagne et entre les campagnes les joueurs peuvent arrêter au village pour faire de plein de nouvelles pièces d’équipement et/ou d’améliorer les attributs de leur personnage. Si vous avez passé des heures dans l’univers  Dungeon and Dragon, ce jeu se veut vous faire revivre les mêmes sensations dans un jeu de plateau.

Le second dont on a eu quelques informations l’année dernière se nomme Chronicles. Il ne se veut rien d’autre que de reproduire l’histoire de l’humanité. Le projet s’échelonnera sur une période de 4 ou 5 ans à raison d’un jeu par année où il sera possible de conserver d’un jeu à l’autre les acquis obtenus lors des jeux précédents. Le premier de ces jeux devrait paraître en cours d’année sous le titre Cronicles : Origins où les joueurs seront à la tête d’une minuscule tribu qu’ils auront à faire croître et en assurer la prospérité tout en la préservant des embûches qui apparaîtront au fil du temps…

Il est certain que ceci n’est qu’un aperçu de ce que la nouvelle année nous réserve.

Comme à chaque année il y aura des temps forts (Gen Con et Essen) où des surprises surgiront. Certains jeux sortis de nulle part feront époque alors que d’autres forts attendus ne seront que déception…