Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Scythe

Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Scythe

Posté le 17/01/2017

Scythe

1,9

Il y a environ un an, des rumeurs ont commencé à circuler à l’effet que Jamey Stegmaier l’auteur de Viticulture (BGG#81) préparait un jeu qui sortirait de l’ordinaire. Peu de temps après, le projet a été présenté sur la plateforme de socio-financement Kickstarter. Les joueurs ont été tellement enthousiastes que 17 739 d’entre eux ont contribué à la hauteur de 1,8 millions de dollars américain. Inutile de dire qu’avec cette coquette somme, les initiateurs avaient tout en main pour présenter un jeu de qualité supérieure. Scythe a fait sa première apparition à Gen Con cet été, mais les copies n’étaient pas prêtes à être mises sur le marché, même pour les contributeurs de la première heure. Il a fallu attendre la mi-septembre pour que les premières copies soient disponibles pour ceux-ci et à la mi-novembre pour qu’elles atteignent les tablettes des boutiques de jeux.

 

Inutile de dire que les européens attendaient de voir avec impatiente cette « bête ». Classé 18e au niveau des attentes (ce qui est très élevé pour un jeu qui n’est pas une primeur à Essen) avec 220 points, il s’est hissé au 5e rang du salon.

 

Avant de parler du jeu comme tel, je tiens à préciser que l’argent recueilli a été bien investi : Un  plateau central de très grande dimension sur lequel des hexagones surdimensionnés pour régulariser le mouvement sont imprimés, des figurines en plastiques différentes pour chacune des factions, des édifices en bois pour ajouter au réalisme, des tableaux individuels différents pour chacun des joueurs (encavés pour empêcher que les pièces ne s’égarent), et surtout le détail artistique de présentation : chacune des illustrations à partir du couvercle de la boîte jusqu’aux cartes d’actions, plateaux individuels, cartes événements représentent une scène rurale, se déroulant en Europe de l’Est aux alentours de 1920 où s’intègre des véhicules que l’on pourrait retrouver dans les films de Star Wars, unique s’apparentant à des peintures . Le tout est d’une qualité exemplaire bien au-delà de ce qu’on retrouve chez de jeux de ce type.

 

Le jeu lui-même est un hybride entre un jeu à l’américaine et un jeu à l’européenne. On pourrait le qualifier de jeu 3x (exploration, exploitation, expansion). Il lui manque le 4e X (extermination) que l’on retrouve souvent dans les jeux de civilisation.  Même si le combat est possible, il n’est pas encouragé car le thème principal repose sur la popularité auprès de la population et le joueur qui engage un combat perd de la popularité.

 

Les joueurs incarnent une des 5 factions présentes dans le jeu (chacune a des habiletés particulières) et ils ont à leur disposition 3 types d’unités : un leader (chacun est de présentation unique), des paysans et 4 unités mécanisées (elles aussi uniques à chaque faction).

 

La stratégie générale repose sur l’algorithme suivant : recueillir des ressources se trouvant dans les hexagones du plateau, acquérir des paysans, construire des bâtiments et des véhicules mécanisés et faire de l’exploration.

 

Le joueur dispose de deux plateaux individuels :

Le premier contient tous les éléments dont il a besoin : Les attributs initiaux de la faction et  les véhicules mécanisés qui  sont inactifs tant et aussi longtemps qu’ils ne sont pas déployés sur le tableau principal. Au fur et à mesure qu’ils sont utilisés, on dévoile sur le plateau (à l’endroit où était la pièce activée) de nouveaux avantages disponibles immédiatement au joueur.

 

Un deuxième tableau séparé en 4 parties : ce sont les actions disponibles au joueur. À son tour il suffit de placer le jeton action sur une des parties. Une fois fait, habituellement en payant,  le joueur peut exécuter l’action du haut ou l’action du bas de cette section

 

 

Moral

 

(pouvoir/carte combat)

 

 

Hausser de niveau

 

(améliorer structure)

Production

(ressource/travailleur)

 

Déployer

(unités mécanisées)

Mouvement

(paysan/mech)

 

Construire

(structures)

 

Échange

(ressource/popularité)

 

Recruter

(recrues)

 

 

Pour exécuter l’action du haut, il faut enlever un cube présent dans les cases et le placer dans un espace du bas, pour celle du bas enlever le cube présent et le placer sur le tableau principal.

 

À chaque fois qu’un cube est enlevé, on dévoile comme précédemment des améliorations pour les actions futures…

 

Même si le combat est découragé, il peut parfois être nécessaire (défendre ses paysans, agrandir son territoire…). Seuls le leader et les unités mécanisées peuvent combattre.  Les combattants utilisent une roulette et sélectionne secrètement le nombre de points de pouvoir qu’ils désirent sacrifier et ils peuvent ajouter une carte de combat qu’ils ont obtenus précédemment. Ils révèlent simultanément  leur choix. Celui qui a le plus investi  conserve ou gagne le territoire, le perdant doit retraiter vers une case différente.

 

Il existe une multitude de façon de cumuler des point des victoires : atteindre un objectif individuel obtenu en début de partie, remplir des objectifs intermédiaires (compléter les 6 mises à niveau, déployer les 4 unités mécanisées…). À chaque fois que ces objectifs sont atteints une étoile à la couleur de la faction est déposée sur le tableau principal. Lorsque qu’une faction place sa 6e étoile sur ce tableau, la partie est terminée.

 

Tous les points de victoire sont convertis en argent et le joueur qui en aura le plus sera déclaré vainqueur. Il ne faut pas oublier le niveau de popularité car tous les cubes, les étoiles sont multipliées par 2, par 3 voire par 4 pour les différents niveaux de popularité atteint.

 

Scythe s’adresse à un public averti et il faut consacrer environ  115 minutes par partie. Mais même si cela peut paraître complexe, les tableaux individuels sont si bien faits qu’ils servent de guide. Une fois partie tout devient fluide.

 

En terminant, je lisais récemment sur le site Tric-Trac, la phrase suivante :

« Scythe est la sensation du moment »