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Les Golden Geeks: Les Vainqueurs

Posté le 08/05/2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après la France, c’était au tour des Américains de proclamer le meilleur jeu de l’année 2016.

C’est à nouveau Scythe de Jerry Stegmaier qui a remporté le prix tant convoité devant les jeux Terraforming Mars et Star War Rébellion.

D’ailleurs voici en encadré ce que j’écrivais de ce jeu lors de la dernière chronique :

Déjà récipiendaire  du Tric-Trac d’or l’automne dernier, Scythe n’a pas cessé, depuis sa parution au milieu de l’année dernière,  de soulever l’enthousiasme à la fois des professionnels  et des amateurs tout en ayant été un des jeux  qui a cumulé le plus de recettes lors de la campagne de socio-financement Kickstarter en faisait un choix unanime pour remporter ce prix.

Pour ceux et celles qui voudraient en connaître plus sur chacun de ces jeux, la dernière chronique faisant un survol de chacun des nominés.

 

Les Golden Geek honorant pas moins de 15 catégories, Scythe a récidivé comme meilleur jeu de l’année dans les catégories suivantes :

-          Meilleur graphisme.

-          Meilleur jeu solitaire.

-          Meilleur jeu de stratégie.

-          Meilleur jeu thématique.

Il a été aussi mis en nomination à titre meilleur jeu innovateur, catégorie remportée par Capitaine Sonar publié chez Matagot.

Incidemment cette dernière compagnie assure la production de la traduction française qui est annoncée pour la mi-mai. Il semble bien que l’attente de cette version soulève tellement d’enthousiasme que les fournisseurs ne peuvent garantir de pourvoir répondre à la demande…

Il faut aussi mentionner les catégories suivantes :

-          Meilleur jeu pour 2 : Star War Rebellion

-          Meilleur jeu coopératif : Mechs vs Minions

-          Meilleur jeu de party : Codename Pictures

Il ne faudrait pas passer sous silence la participation de jeux d’origine de langue française :

-          7 Wonders Duel Panthéon qui en remporté le prix de la meilleure expansion

-          Capitaine Sonar qui tout en remportant le prix de la meilleure innovation a été aussi mis en nomination dans la catégorie jeu de party.

Comme dans toute remise de prix il y a aussi de grands perdants, il faudrait mentionner que l’excellent Terraforming Mars n’a remporté aucun prix malgré 3 sélections de mise ne nomination.

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En attendant le verdict officiel

Posté le 07/02/2017

En ce début de la nouvelle année, on prend toujours un moment pour revoir celle qui vient de se terminer. Il en est de même dans le monde du jeu où chacun y va de sa propre liste des dix meilleurs jeux de l’année précédente. Cette liste étant très personnelle, elle est donc très diversifiée. Pour une douzaine de ces sélections, un total près de 100 jeux ont été mentionnés pour faire partie des listes individuelles. Cependant en compilant les résultats, on peut donc y observer des tendances.

Voici donc la compilation des dix meilleurs jeux de la dernière année :

 

Nom

Points cumulés

Décrit dans une précédente chronique

1

Terraforming Mars

830

Oui

2

Le Festin d’Odin (A Feast of Odin)

760

Oui

3

Mechs vs Minions

700

Non*

4

Star Wars : Rebellion

640

Oui

5

Great Western Trails

590

Oui

6

Les Demeures de l’Épouvante 2e Ed (Mansion Madness)

390

Oui

7

Inis

350

Oui

8

Manhattan Project : Energy Empire

350

Non*

9

Cry Havoc

340

Oui

10

Project : Elite

310

Non*

*Les jeux qui n’ont pas encore été décrits, le seront certainement lors d’une prochaine chronique.

Il faudra encore quelques mois pour connaître vraiment les meilleurs jeux de 2016, mais en attendant, vous pouvez toujours vérifier ce classement pour vous faire votre propre idée.

 

Des jeux hors de l’ordinaire :

Les jeux de plateaux mettent à profit la stratégie, la tactique et l’intellect des joueurs. Les deux jeux qui suivent demandent des habiletés différentes dont la principale est la dextérité.

Tous deux publiés par une compagnie nouvelle dans le marché du jeu : Pretzel Games, ces jeux sont présentés dans une boîte en bois dont le couvercle se glisse dans une charnière. La présentation et les pièces de jeu sont de toute première qualité.

 

 

 

 

 

 

 

 

Flick’em Up !

Auteurs :

Jean Yves Montpertuis

# joueurs : 2 à 10

Durée : 45 minutes

Type : Compétitif

Âge : 8+

Catégorie : Euro moyen

But du jeu : Le jeu se présente sous forme de 10 scénarios qui couvrent une grande variétéd’expériences de jeu : Éliminer un ou des adversaires, attaquer la banque, capturer un personnage en vue d’obtenir une rançon… Le scénario se termine lorsque soit le but proposé est atteint ou que l’horloge de l’hôtel de ville indique 12h.

Thématique : Flick’em Up! nous plonge en plein Far West où l’on peut reproduire un village western du XIXe siècle à l’aide du matériel fourni. Il est donc possible de retrouver en 3D : un saloon, une banque, le bureau du shériff, un magasin général, un hôtel de ville et même la maison du fossoyeur…. Les « meeples » sont en position debout et ont leur propre chapeau de cowboy à la couleur de leur clan « les bons » et « les vilains » et un numéro unique pour les différencier les uns de autres. D’autres accessoires sont aussi fournis pour mettre de l’ambiance : des clôtures, des barils, des cactus, des bottes de foin… Selon le scénario, il faudra placer différents bâtiments de façon à former un endroit relativement circulaire où évolueront les protagonistes et n’oubliant pas d’y ajouter les objets qui pourront servir d’obstacles ou d’abris aux personnages qui s’y retrouveront.

Mécanique : Les joueurs sont divisés en deux clans. Pour déplacer leur(s) « meeple(s) », ils doivent donner une pichenette sur un disque. Leur personnage se retrouvera donc à l’endroit où s’est  arrêté le disque. Pour entrer dans un bâtiment, les joueurs doivent amener le disque de déplacement au-travers de l’espace libre à la base du bâtiment. Un fois à l’intérieur, ils seront à l’abri des attaques des personnages de l’autre clan et pourront dépenser une action pour s’emparer d’un butin ou d’un otage. Pour éliminer un adversaire, ils doivent propulser un disque un peu plus petit (représentant une balle de fusil) avec suffisamment de force pour faire tomber le personnage de l’adversaire. Ce faisant, il perdra « une vie ». Il faudra donc le faire basculer à plusieurs reprises pour qu’il soit définitivement retiré du jeu. Il est même possible de tirer de l’intérieur d’un édifice en poussant le disque « balle » au-travers de l’espace par au bas du bâtiment.

Commentaires : Si votre enfance a été bercée par les films-western, ce jeu est pour vous. Il est possible de recréer toutes les actions que l’on peut retrouver dans ces classiques. Bien entendu le jeu plaira surtout à ceux qui ont une dextérité fine, mais même si vous avez de la difficulté à viser juste, vous pourrez aussi y retrouver votre compte.

 

La qualité et la quantité du matériel en font un jeu relativement dispendieux, mais une nouvelle édition parue un peu avant Noël se vend beaucoup moins cher; bien sûr il faudra oublier la boîte de rangement en bois, mais vous pourrez y retrouver le même plaisir.

 

Il existe actuellement deux expansions :

1)      « Stallions et Canyons » où on y retrouve principalement des chevaux, mais aussi de nouveaux bâtiments et 8 nouveaux scénarios et de nouvelles règles.

2)      « Red Rock Tomahawk » où on introduit les Indiens ainsi que les arcs, les flèches et les tomahawks. De plus 5 nouveaux scénarios, de nouvelles règles sont ajoutés.

 

Malgré les titres anglophones, le jeu comprend des règles et un livret de scénarios en langue française.

 

Editeur : Pretzel Games

Edition française : Pretzel Games

 

#BBG : 421

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Junk Art !

Auteurs : Jay Cormier

# joueurs : 2 à 6

Durée : 30 minutes

Type : Compétitif

Âge : 8+

Catégorie : Euro moyen

But du jeu : Obtenir le plus d’admirateurs en construisant des œuvres d’art à partir de pièce de rebuts d’où le titre Junk Art.

 

Thématique : Le jeu se présente sous forme d’une exposition d’œuvres d’art où des artistes (les joueurs) sont en compétition pour attirer le plus grands nombre d’admirateurs (de jetons). L’exposition se déroule   dans 3 villes différentes du monde (3 rondes de jeu). Chaque ville précise quelles seront les contraintes (les règles de jeu) auxquelles seront soumis les joueurs et le nombre d’admirateurs qui seront attribués aux joueurs qui se seront démarqués de leurs compétiteurs.

 

Mécanique : Le jeu comporte 4 séries (chacune de couleur différente) de 15 pièces en bois aux formes variées (pot de fleur, sphère, haltère, cône tronqué, cylindre… . À  chacune des 60 pièces est associée une carte montrant à la fois la forme et la couleur de la pièce. Un paquet de 15 cartes identifiées à des villes réparties un peu partout dans le monde.

 

Pour débuter la partie 3 cartes « villes » sont tirées au hasard. Ces villes seront jouées à tour de rôle. Après la 3e ville, les points seront cumulés et le vainqueur sera connu.

 

La compétition dans une ville commence en lisant dans le livre de règlement les contraintes et les conditions de victoire. Par exemple on pourrait lire : Chaque joueur se voit attribuer 3 cartes. Il en garde une et passe au joueur à sa gauche les deux autres. Après avoir consulté les 3 cartes, il choisit au centre de la table les pièces associées aux cartes qu’il a entre les mains. Le joueur doit placer ces 3 pièces sur le socle qui lui a été attribué. Le processus se reproduit avec 3 nouvelles cartes et en plaçant les nouvelles pièces sur la structure entamée. Un joueur peut faire tomber jusqu’à 3 pièces de sa structure avant d’être éliminé. Le joueur restant remporte 5 admirateurs, si plusieurs joueurs sont encore en jeu lorsque le paquet de cartes est épuisé, ceux-ci remporte 3 admirateurs.

 

Chacune des villes impose des conditions : du nombre de cartes en jeu, de pose de pièces, du nombre de pièces pouvant tomber du nombre de la façon dont les admirateurs seront attribués aux joueurs. Voici d’autres exemples : au lieu d’avoir une construction individuelle, les joueurs se doivent de faire une construction unique où chacun place la pièce qui lui a été impartie. Dans un autre cas, après avoir placé une pièce, chacun des joueurs se déplace à sa gauche et hérite de la structure de ce joueur. Dans une autre ville, les admirateurs seront attribués aux 3 constructions les plus hautes : 5 à la plus haute, 3 à la seconde et 1 à la 3e.

 

Commentaires : Ce jeu a été pour notre groupe, le succès du temps des Fêtes. Il est très accessible, même pour les plus jeunes. Les parties sont courtes et les gens en redemandent. La rejouabilité est très grande car chaque partie n’utilise que 3 des 15 cartes « villes ». Les conditions de victoires sont très variées : dans certains cas, il n’y a pas de pénalité à faire tomber des pièces, dans d’autres une limite de 3 est imposée et finalement le fait de faire tomber une seule pièce élimine le compétiteur pour cette ville.

 

Les pièces en bois, aux formes hétéroclites, ont bien été pensées et la créativité des joueurs nous font découvrir de nouvelles façons de les associer.

 

C’est un succès assuré. À titre d’exemple, après avoir joué une première fois, deux des membres de notre groupe de jeu ont tenu à se procurer une copie personnelle de Junk Art pour jouer dans leur famille…

 

Editeur : Pretzel Games

Edition française : Pretzel Games

 

#BBG : 1020

 

 

Que nous réserve 2017 ?

Même si l’année est encore très jeune, les campagnes de socio-financement (kickstarter) nous donnent quelques indices des tendances des jeux qui seront mis en vente cette année.

Il semble bien que cette année sera celle :

1)       des jeux coopératifs et particulièrement du style « Legacy » (des jeux qui évoluent tant au niveau des règles que de l’apparence physique du plateau de jeu au fil des parties jouées).

2)       Des jeux incluant des figurines au lieu des « meeple » en bois.

3)      Des jeux utilisant des applications technologiques (apps) comme aide de jeu ou en remplacement d’un maître de jeu.

4)      ….

Deux de ces jeux ont attiré mon attention. Le premier intitulé Gloomhaven est un jeu d’aventures fantastiques où les joueurs partent dans différentes quêtes présentés sous forme de scénarios. Ces scénarios peuvent être reliés entre eux pour former une campagne et entre les campagnes les joueurs peuvent arrêter au village pour faire de plein de nouvelles pièces d’équipement et/ou d’améliorer les attributs de leur personnage. Si vous avez passé des heures dans l’univers  Dungeon and Dragon, ce jeu se veut vous faire revivre les mêmes sensations dans un jeu de plateau.

Le second dont on a eu quelques informations l’année dernière se nomme Chronicles. Il ne se veut rien d’autre que de reproduire l’histoire de l’humanité. Le projet s’échelonnera sur une période de 4 ou 5 ans à raison d’un jeu par année où il sera possible de conserver d’un jeu à l’autre les acquis obtenus lors des jeux précédents. Le premier de ces jeux devrait paraître en cours d’année sous le titre Cronicles : Origins où les joueurs seront à la tête d’une minuscule tribu qu’ils auront à faire croître et en assurer la prospérité tout en la préservant des embûches qui apparaîtront au fil du temps…

Il est certain que ceci n’est qu’un aperçu de ce que la nouvelle année nous réserve.

Comme à chaque année il y aura des temps forts (Gen Con et Essen) où des surprises surgiront. Certains jeux sortis de nulle part feront époque alors que d’autres forts attendus ne seront que déception…

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Oracle de Delphe

Posté le 01/02/2017

The Oracle of Delphi  (L’Oracle de Delphe)

2,3

Stefan Feld présentait deux jeux à Essen cette année. Le premier, celui dont traitera cet article suscitait beaucoup d’attentes. Classé 2e avec un total de 578 points, il ne cédait la place qu’à Great Western Trail d’Alexander Pfister. On peut dire qu’il a relativement déçu car l’Oracle de Delphe a été le dernier reçu au panthéon des jeux soit le 10e, mais à cause des égalités se retrouve au 14e rang. Le second intitulé Jorvik a obtenu une mention honorable ayant obtenu de bonnes critiques mais pas suffisamment de votes pour être reconnu parmi les meilleurs jeux.

 

L’Oracle de Delphe n’est pas que c’est un mauvais jeu; au contraire, il est excellent mais on s’attendait à un Stefan Feld  classique : des point de victoire à la pelle, des stratégies très différentes pour atteindre la victoire… Or ce jeu n’a aucun point de victoire, il est essentiellement un jeu de course contre la montre et dès qu’un des joueurs a atteint le but proposé, il est déclaré vainqueur tout simplement.

 

Ce jeu est destiné à un public de 12 ans et plus, pour 2 à 4 joueurs et des parties d’une durée moyenne de 90 minutes.

 

On a souvent reproché à Stefan Feld de produire des jeux aux mécaniques compliquées et variées mais sans grande thématique. Or celui-ci colle bien à la thématique. Voyons de plus près :

 

Les Dieux de l’Olympe sont en colère. Pour les apaiser les joueurs doivent  chacun exécuter 12 travaux et devenir le Héros de la Grèce Antique. Ces travaux sont identiques et il y aura donc de la compétition pour y arriver.

 

 

Chaque joueur devra : Tuer 3 monstres, Ériger 3 mausolées sur des îles vierges, transporter 3 statues de sa cité vers une île précise, transporter 3 offrandes jusqu’à des temples érigés pour les dieux.

 

Pour ce faire les joueurs, représentés par un navire à leur couleur, devront se déplacer sur un plateau central modulaire construit en début de partie pour atteindre des îles parsemées sur une mer tranquille. Un réseau d’hexagones régularise le mouvement et identifie les îles. Chaque hexagone a un pourtour associé à une de 6 couleurs.

 

Voilà où on reconnaît la touche de Sefan Feld. Tout se déroule en fonction des couleurs et pour éviter la confusion, chaque couleur est associée à un symbole de l’alphabet grec. Cette petite touche permettra d’éviter les erreurs pour les personnes atteintes de daltonisme ou sous des éclairages un peu trop faibles.

 

En plus du plateau principal, chaque joueur possède un tableau individuel divisé comme suit :

Du côté gauche un cercle formée de 6 espaces qui recevront les dés lancés à ce tour, à droite un espace pour faire progresser les 6 dieux de l’Olympe. Cet espace est occupé par 6 rangées de nuages et un trône occupe la rangée la plus haute. C’est sur cet espace que progresseront les dieux au cours de la partie. À l’extrême droite, un plan du navire avec au centre un espace pour obtenir une cale personnalisée qui confère des avantages uniques à chacun des joueurs. Finalement au bas une piste numérotée où un bouclier, représentant la défense du joueur contre les aléas du voyage,  pourra être déplacé. Avant de débuter la partie, chaque joueur placera au-dessus de son tableau les 12 tuiles représentant les tâches à accomplir. Ces tuiles seront progressivement défaussées lorsque ledit travail sera exécuté.

 

Le cœur du jeu repose sur l’assignation des dés lancés à la fin du tour précédent. Bien entendu au premier tour, il faudra lancer les 3 dés à notre disposition et les placer à l’endroit approprié sur le cercle de l’Oracle.

 

Un tour de jeu se déroule comme suit :

1)      Le joueur vérifie s’il a devant lui 3 cartes « blessures » de la même couleur ou un total de 6 cartes « blessures ». Si c’est le cas, son tour s’arrête ici pour lui permettre de défausser les cartes blessures.

2)      Le joueur choisit un de ses dés et exécute une des 11 actions possibles (elles seront décrites au prochain paragraphe).

3)      Le joueur relance ces 3 dés et les place aux endroits appropriés sur son oracle. Il aura tout le loisir de penser à sa stratégie pendant que les autres joueurs effectueront leurs actions. Si un des dés correspond à la couleur d’un ou de plusieurs dieux sur les tableaux individuels des adversaires, ceux-ci feront progresser ce/ces dieu/dieux d’un niveau de nuage.

Si c’est le dernier joueur du tour, une autre action devra être effectuée : ce joueur lance le dé noir à 6 faces : s’il obtient un 6, tous les joueurs pigent deux cartes « blessures » qu’ils ajoutent à celles qu’il a déjà amassées. Pour tout autre compte, chaque joueur compare ce nombre à sa force de défense (fournie par la position du bouclier sur son tableau individuel). Si la valeur du dé est supérieure à sa défense, il pige une carte « blessure ». Sinon, il s’en tire sans égratignures.

 

 

La phase 2 est la plus importante, c’est à ce moment que les joueurs pourront briller.

Le joueur choisit un dé placé sur son oracle et peut exécuter une action (mais toujours liée à la couleur du dé.

 

Par exemple s’il choisit un dé rouge :

Il pourra :

1)      Défausser les cartes blessures rouges

2)      Déplacer  le dieu rouge d’une rangée de nuages à la suivante

3)      Déplacer son navire jusqu’à une portée de 3 case à condition qu’il termine sur un hexagone au pourtour rouge

4)      Combattre un monstre rouge sur une île adjacente à son navire

5)      Regarder le jeton d’une île rouge adjacente pour voir s’il peut accueillir un mausolée.

6)      Recevoir des cubes d’une île adjacente rouge et les déposer dans la cale de son navire afin de pouvoir les amener à un temple.

7)      Prendre une statue à sa couleur dans le but de la placer sur un endroit approprié ultérieurement.

Si aucune des conditions précédentes ne peuvent être remplies il pourra toujours défausser un le dé pour obtenir :

1)      Une carte offrande (qui pourra devenir un 4e dé à un tour suivant)

2)      Piger 2 jetons « faveur des dieux » qui ont plusieurs fonctions dont réduire le hasard du lancer de dés en changeant la couleur d’un dé lancé etc etc

3)      De jeter un coup d’œil sur un jeton secret d’une île ce qui évitera de faire le trajet et de découvrir que tout ce parcours a été inutile.

Le joueur exécute donc une des actions par dé choisi.

 

Si une de ces actions fait en sorte qu’il a complété une des 12 tâches incombées, il défausse la tuile et bénéficie immédiatement des avantages  qui sont associées à cette tuile.

 

Le jeu se poursuivra ainsi jusqu’à ce qu’un des joueurs ait accompli tous ses travaux. Il sera déclaré aussitôt Héros de la Grèce Antique.

 

Comme tous les jeux de Stefan Feld, l’action est fluide, les choix demeurent multiples et les stratégies sont variées.

 

J’espère vous avoir convaincu que ce jeu vous procurera des heures de plaisir.

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Via Nébula

Posté le 31/01/2017

Via Nebula

2,2

Ce jeu a déjà fait les frais d’une présentation lors d’une précédente chronique. Pour ceux et celles qui ne l’auraient pas lu, en voici une courte description.

 

L’auteur Martin Wallace est de renommée internationale dans le monde du jeu. Il s’est quelque peu inspiré d’un grand succès publié chez Days of Wonders : Les Aventuriers du Rail (BGG#102).

 

Non, vous ne retrouverez pas de rails ni de trains dans ce jeu mais l’esprit s’en trouve même conservé. Le plateau représente une vallée remplie de brume sauf à certains endroits qui comportent des ressources à exploiter, des forêts pétrifiées et des ruines.

À son tour, un joueur (le jeu est destiné de 2 à 4 joueurs) peut faire deux des 6 actions disponibles :

1)      Poser un artisan sur une case ressource. Ce faisant, il pourra ainsi que tous les joueurs déplacer les ressources sur des routes dégagées.

2)      Poser un chantier : le joueur place un de ses chantiers sur une case-ruine du plateau. Il pourra ultérieurement amener les ressources de la case originale jusqu’à son chantier en utilisant une route dégagée de brume.

3)      Explorer une case brume : En fait il place sur la case brume, une case verte (plaine) faisant ainsi une voie pour acheminer les ressources.

4)      Transporter des ressources au chantier : Amener via une chaîne de cases contiguës dégagées les ressources jusqu’au chantier.

5)      Construire un bâtiment : Si le joueur a amené au chantier les ressources indiquées sur une de ses cartes-contrat, il remplace le chantier par un de ses bâtiments.

6)      Explorer une forêt pétrifiée : C’est la seule action qui consomme la totalité des actions disponibles à ce tour. L’action est identique à celle d’explorer une case-brume, à l’exception que la nouvelle tuile est déposée sur une forêt pétrifiée.

 

Les joueurs s’exécuteront ainsi jusqu’à ce qu’un des joueurs ait construit son dernier bâtiment. Il ne restera qu’à calculer le nombre de points de victoire accumulés par chacun pour déterminer le vainqueur.

 

Délaissé complètement par les experts, Via Nebula les a complètement déjoués. Par contre, à leur décharge, ce jeu étant déjà disponible depuis plusieurs mois, y compris en version française, ceux-ci  se sont concentrés sur des jeux plus récents.  Quoiqu’il en soit, le jeu a fasciné les visiteurs du Salon.

 

Via Nebula est un jeu simple qui plaira autant au joueur occasionnel qu’au joueur chevronné. Il sert aussi de jeu-passerelle pour introduire de nouveaux adeptes au monde du jeu.

 

Aux dernières nouvelles, Via Nebula avait atteint le plateau des milles meilleurs jeux au classement BGG.

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Kingdomino

Posté le 30/01/2017

Kingdomino

2,2

Bruno Cathala est un auteur français de renommée internationale. C’est l’auteur, entre autres de Five Tribes (BGG#43) qui a été choisi parmi les meilleurs à Essen en 2014. C’est aussi un auteur prolifique. Sans faire un décompte exact, il a certainement conçu une dizaine de jeu seulement cette année. Il a la capacité de produire des jeux de qualité pour toute catégorie d’âges. Publié chez Blue Orange une compagnie qui se spécialise dans le jeu familial, Kingdomino  réunit à la fois Carcassonne, un jeu de placement de tuiles au vénérable Domino pour former un jeu simple mais ayant quand même suffisamment d’étoffe pour intéresser les joueurs plus sérieux.

 

Le but du jeu est de former à l’aide de tuiles un territoire de 5X5 tuiles. Au départ chaque joueur possède 1 tuile de 1 case sur laquelle il dépose son château en 3D (à monter). On pige au hasard dans un sac autant de tuiles qu’il y a de joueurs. Sur chacune des tuiles, il y a un numéro. On place donc les tuiles en ordre croissant. On refait de même avec une deuxième série de tuiles. On retourne les tuiles de façon à ce que l’on dévoile l’autre côté de tuile. Chacune des tuiles, tout comme au domino, est séparée en deux cases. Mais contrairement au vénérable jeu, les numéros ont été remplacés par des types de terrain (plaine, montagne, lac, pâturage…). Sur certaines, il apparaît en plus une ou deux couronnes. Le premier joueur choisi la tuile qui l’intéresse le plus et se positionne sur une des tuiles de la deuxième colonne pour son prochain choix. Par la suite il dépose la tuile de façon à ce qu’elle soit adjacente à sa tuile château. Subséquemment, il ne pourra placer la nouvelle tuile que si elle a au moins un des types de terrain identique à une tuile déjà placée. Il lui suffira d’adjoindre les terrains identiques faisant ainsi progresser son royaume. Si aucun type de terrain ne correspond, la tuile sera défaussée.

 

Le jeu se termine lorsque toutes les tuiles auront été pigées. Le décompte des points  est simple. On compte le nombre de cases d’un même type de terrain que l’on multiplie par le nombre de couronnes apparaissant sur les tuiles de ce territoire par exemple :

1)      un territoire est formé de 3 cases « plaine »; sur une de celles-ci apparaît 2 couronnes. Ce territoire vaut donc 6 points.

2)       un territoire est formé de 4 cases « montagne »; aucune de celles-ci ne contient de couronnes; ce territoire ne rapporte aucun point.

 

Classé 129e au niveau des attentes avec un total de 45 points, on n’en  attendait pas un grand succès, mais à la surprise générale, il a été le jeu cendrillon du salon.

 

Le jeu est déjà disponible en version française au Québec.

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Fabled fruit

Posté le 25/01/2017

Fabled Fruit

2,2

Friedemann Friese est un auteur qui s’est établi une solide réputation depuis une dizaine d’années. Même si récemment son étoile semble pâlir, ses idées sont encore novatrices : l’an dernier il avait conçu un jeu intitulé 504 (BGG#1640), qui, à l’aide d’un cahier avec des pages à rabat pouvait obtenir 504 combinaisons différentes. Chacune de ces combinaisons amenait un jeu d’un style différent : un jeu économique, un jeu de conquête de territoires, un jeu de placement d’ouvriers, un jeu de hasard, un jeu de majorité etc. Malheureusement, même s’il a été acclamé par la critique, le jeu, peut-être à cause de son prix prohibitif ou de la longueur de la mise en place initiale des composantes ou de l’inégalité de la qualité du choix obtenu, n’a pas connu de popularité espérée.

 

Cette année, il récidive avec trois nouveaux jeux dont deux, même s’ils ont soulevé un intérêt certain, n’ont pas été sélectionnés au classement final. Le premier, Power Grid : the Card Game (BGG#3225) est une adaptation en jeu de carte de son grand succès de placement d’ouvriers Mégawatts (BGG#18). Le second est un tout petit jeu de carte intitulé Fuji Flush (BGG#4373) a beaucoup de potentiel comme jeu entre-jeux ou de fin de soirée. J’en reparlerai lors d’une prochaine chronique.

 

Des trois, Fabled Fruit (BGG#1830) celui sélectionné parmi les meilleurs jeux du salon.

 

Le jeu est destiné à un public de 8 ans et plus, pour 2 à 5 joueurs pour des parties de 25 à 30 minutes

 

S’inspirant des jeux à la mode du type Legacy, où lorsqu’une session de jeu est terminée, il est possible de reprendre au même point lors d’une prochaine session, il a conçu un jeu formé de 59 paquets  de lieux en  4 exemplaires identiques et d’un second paquet de 60 cartes illustrant des fruits (12 cartes de chacun des fruits suivants : banane, noix de coco, raisins, ananas et fraise) . En début de partie, on place sur la table seulement les paquets de lieux numérotés de 1 à 6 et on distribue à chacun des joueurs de fruits au hasard.

 

Le but du jeu est de créer des jus de fruits en récupérant des cartes de lieux. Le premier joueur ayant réalisé le nombre de jus de fruits requis (4 jus à 3 joueurs et 3 jus à 4 ou 5 joueurs) amène la fin de partie ou de la manche si vous désirez reprendre tout de suite.

 

Le tour de jeu ne peut être plus simple : à son tour, le joueur place son pion sur un des 6 lieux disponibles. Deux choix s’offrent à lui :

1)      Récupérer la carte du  lieu s’il peut fournir les conditions pour réaliser le jus de fruits (pour la carte 47, il faut défausser 3 noix de coco et 2 bananes). Il place la carte devant lui en la retournant. On lui présente un jus de fruit et un nombre correspondant au nombre de points qu’il vient de cumuler. Avant de passer au joueur suivant il doit la remplacer en pigeant la carte sur le dessus du paquet de carte-lieu (la première sera une carte #7). Si c’est une carte tour à fait nouvelle, il crée une nouvelle pile, sinon, il la dépose par-dessus les cartes identiques.

2)      Si le joueur ne peut fournir suffisamment de fruits pour récupérer la carte, il doit suivre les instructions de la carte (pour la carte #1 : piger 3 fruits; pour une autre, piger 1 fruit de la pile et échangez trois de vos cartes contre un nombre identique d’un de vos adversaires

 

C’est tout. Quelques petites règles s’ajoutent. Par exemple vous placez votre pion sur un lieu où un ou plusieurs adversaires se trouvent, vous devez leur remettre une carte de fruit de votre main.

 

Le jeu devient évolutif. Au fur et à mesure que des cartes seront pigées, des piles (donc des actions) disparaîtront pour faire place à de nouvelles cartes et de nouvelles actions…

Au début, les actions sont simples, mais au fur et à mesure de la partie celles-ci deviendront plus complexes et l’interaction entre les joueurs deviendra plus intense. Certaines cartes feront intervenir de nouveaux personnages (le voleur représenté  par un singe) ou un nouveau type de cartes fruits : les cartes à double utilité.

 

Somme toute, ce jeu en apparence simpliste comporte une grande profondeur et la rejouabilité est excellente. Il faudra des dizaines d’heures de jeu avant d’avoir écoulé les 59 paquets de cartes. Il faut aussi préciser qu’il est possible de reprendre au point de départ à tout moment surtout lorsqu’on joue avec un  nouveau groupe de joueurs.

 

La version anglaise est disponible depuis peu et la version française devrait apparaître dans les prochains mois. Un petit mot concernant le problème linguistique. Même si les instructions sur la carte sont indiquées en anglais, il n’y a que 6 cartes en jeu à la fois et il ne suffit qu’un des joueurs pour indiquer l’action précisée pour toute nouvelle carte qui fait son apparition.

 

J’ai vraiment hâte de vivre l’expérience.

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Codenames Pictures

Posté le 23/01/2017

Codenames Pictures

 

Vlaada Chvatil a conçu un petit frère à son  grand succès de l’an dernier : Codename (BGG#20). Il a remplacé les noms de code des espions par des images et réduit le tableau de jeu de 5X5 à 4x5 tuiles. Ce faisant l’âge minimum suggéré est passé de 10 ans à 8 ans pour 2 à 8 joueurs.

 

Essentiellement le jeu demeure le même : On étale les tuiles du jeu du côté des images de façon à former 4 rangées de 5 tuiles. Les joueurs se divisent en deux équipes (rouge et bleue). Chacune d’elles se nomme un maître-espion  qui a accès à la position des tuiles qui sont associées à  la couleur des espions de son pays. Le travail du maitre-espion est de révéler les tuiles des espions amis. Pour y arriver il doit donner un seul nom et un seul nombre. Par exemple : insecte-3. Les joueurs de l’équipe après consultation pointent une à une les images qui leur semblent  correspondre le mieux à l’indice fourni. Quatre résultats sont possibles :

1)      Le choix est exact : l’équipe gagne 1 point et continue en pointant une autre tuile à moins que le nombre fourni par le maître-espion ne soit atteint.

2)      Le choix est inexact : l’équipe dévoile une tuile neutre. Le tour s’arrête.

3)      Le choix est inexact : l’équipe dévoile une tuile adverse. Le tour s’arrête et l’équipe adverse gagne le point

4)      Le choix est inexact : l’équipe dévoile l’assassin (tuile noire). L’équipe perd immédiatement la partie.

 

Plusieurs doutaient  du bien-fondé de faire une refonte d’un jeu si populaire, mais l’expérience montre que l’apparition d’images au lieu d’un nom de code ajoute une nouvelle dimension au jeu. Il aussi prendre en compte que les images sont volontairement ambigües : un Père Noël en saut en ski, un kangourou avec des écailles de stégosaures, une Beetle (voiture) avec un habitacle de coccinelle (insecte)…  etc

 

Classé 56e au niveau des attentes (101 points), Il a dépassé les attentes et même s’il s’est écoulé à peine un mois depuis Essen, il a déjà atteint une niche auprès des 500 meilleurs jeux de BGG.

 

Il connaîtra un grand succès même auprès de ceux qui s’étaient procuré le jeu original.

 

Codenames Pictures est déjà arrivé sur les tablettes des boutiques spécialisées et même si la version française se fait attendre, la simplicité des règles en fait quand même un choix intéressant pour ceux et celles qui n’auraient pas de facilité en langue anglaise.

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Cottage Garden

Posté le 20/01/2017

Cottage Garden

2,1

Deuxième jeu d’Uwe Rosenberg à être sélectionné dans ce groupe sélect, Cottage Garden reprend la mécanique de son succès de l’année dernière : Patchwork (BGG#39). Pour plusieurs, ce dernier n’avait qu’un seul défaut : il était essentiellement destiné à deux joueurs.

 

Uwe remédie à la situation en le destinant pour 2 à 4 joueurs. Et même s’il substitue des morceaux de tissus pour des bacs à fleurs, il conserve essentiellement la même mécanique avec quelques variantes. À nouveau le but du joueur est de remplir complètement son tableau individuel avec des tuiles de formes très variables représentants des arrangements floraux, mais cette fois-ci il aura à sa disposition 2 plateaux de 5x5 cases  sur lesquels 6 cases sont déjà représentées par des pots de fleurs et des cache-pots. Ceux-ci peuvent être recouverts par des tuiles, mais lorsque le plateau est complété les pots non-cachés vaudront 1 point et les cache-pots, 2 points. Le joueur a tout le loisir de placer les tuiles sur n’importe lequel de ses plateaux individuels, et lorsqu’un des deux est complété, le décompte se fait immédiatement et le plateau est remplacé par un autre. Si le joueur ne veut ou ne peut pas prendre de tuiles. Il aura toujours le loisir de prendre 1 jeton « pot de fleur » capable de couvrir uneseule case du plateau individuel.

 

Contrairement à Patchwork, les tuiles à sélectionner sont placées aléatoirement sur un grand plateau central de 5 x 5 cases. Un dé à 6 faces est placé sur le pourtour de ce grand plateau. Ce dé a deux fonctions : il indique la colonne disponible pour choisir les tuiles et sert aussi de compte-tour. En début de partie, la face 1 est visible. Lorsque le premier joueur aura choisi sa tuile, il déplace le dé d’une case vers la droite montrant ainsi les tuiles que le deuxième joueur peut sélectionner. Le dé continuera son trajet et lorsqu’il aura fait un tour complet du tableau, on placera la face 2 et ainsi de suite.

 

Par suite des actions des joueurs, le plateau se videra progressivement. Lorsque le dé indiquera une rangée/colonne où il ne reste que deux tuiles (3 auront déjà été choisies), le joueur actif devra  combler les espaces vides à l’aide de nouvelles tuiles qui ont été placées sur le pourtour du grand tableau. Les tuiles ne seront pas choisies au hasard mais tout comme dans Patchwork, les tuiles suivant le marqueur doivent être choisies dans l’ordre. Petite touche intéressante : le marqueur est une brouette en 3D (qui devra être montée avant la toute première partie) qui est remplie de jetons « pots de fleurs » capable de recouvrir une case du plateau individuel. Lorsque les pièces auront été placées sur le plateau, la brouette sera déplacée jusqu’à la prochaine pièce disponible. L’espace laissé à l’arrière de la brouette sera comblé par les pièces récupérées après qu’un des joueurs ait complété un de ses plateaux individuels.

 

Chaque joueur aura aussi un plateau individuel de décompte de points. Celui-ci est en forme d’équerre et il peut facilement cerner les plateaux individuels. Sur cette équerre deux échelles sont imprimées : une pour les pots de fleurs décomptés et l’autre pour les cache-pots décomptés. Particularité : trois cubes sont placées sur chacune des échelles. Lorsqu’un décompte survient, le joueur a tout le loisir de déplacer n’importe lequel des 3 cubes associés. À différents endroits sur cette échelle on retrouve des repères. Si un des cubes atteint ce repère le joueur récupère un jeton « chaton » qui tout comme les jetons pot de fleur peut recouvrir 1 seule case du plateau individuel (ce qui devient intéressant pour combler d’éventuels vides dans la structure des bosquets de fleurs). Lorsque le joueur aura mis les 3 cubes d’une même couleur, il recevra un jeton « pot de fleur ». Finalement le premier joueur réussissant à amener le premier de ses cubes sur la dernière case de l’échelle, il recevra un boni de 20 points (représenté par une ruche). Le second joueur à  y parvenir recevra un boni de 10 points.

 

Le jeu se poursuivra ainsi jusqu’à ce que la 6e ronde soit enclenchée marquant le début de la ronde finale. Pour compliquer les choses si un des plateaux individuels n’a que trois tuiles ou moins, le plateau est éliminé. Il ne lui restera qu’un seul plateau pour terminer la partie. De plus chaque tuile prise à son tour, deux points seront retranchés de son échelle de points de victoire. Cette situation forcera donc les joueurs à bien planifier leur fin de partie afin d’éviter ce malus.

 

Même si le jeu peut sembler répétitif pour certains, Cottage Garden comble un vide laissé par Patchwork. Classé 4e au niveau des attentes avec 454 points, il a quand même su attirer suffisamment l’attention pour se hisser parmi les meilleurs.

 

Seul l’avenir dira s’il pourra joindre son ainé à titre de succès populaire.

 

 

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : ULM

Posté le 19/01/2017

Ulm

2,0

La ville d’Ulm se situe en Allemagne dans la province de Baden-Würtenberg. Baignée par le Danube, elle fut au XVIe siècle un important centre commercial et d’échanges.

 

Le jeu, pour 2 à 4 joueurs de 12 ans et plus, se veut une reproduction de cette période de L’Âge d’Or de cette ville.  Il se voudra un jeu à l’européenne à dimension économique. Classé 24e au niveau des attentes avec 160 points, il a quelque peu surpris en se retrouvant dans le groupe sélect des meilleurs jeux; plusieurs « experts » le catégorisant trop régional pour pouvoir intéresser les acheteurs potentiels

 

Un grand tableau représente donc les différents secteurs de la ville qui sont séparés horizontalement par le Danube qui joue un rôle important dans le jeu. On retrouve dans le haut du tableau un espace pour loger la cathédrale (qui doit être assemblée de façon à devenir une structure en 3 dimensions) et un quadrilatère à droite de la cathédrale. Cet espace représente le centre de décision des joueurs. En effet cet espace (la grand-place de la ville) est de forme carrée et divisée en 5 rangées et  cinq colonnes où seront placés 25 jetons représentants les nobles  de la ville. Accolé à ce carré se trouve à chacun des ponts cardinaux 3 espaces qui serviront à recevoir les jetons pigés par les joueurs. La ville est divisée en différents secteurs séparés par des frontières qui, chacune,  traversent  la carte chacun du nord au sud. Vers le bas du tableau, le Danube traverse le tableau horizontalement (d’est en ouest). Ce fleuve n’est pas qu’esthétique; il sert de piste de prestige aux différents joueurs. Plus le navire d’un joueur se déplacera  vers la droite sur la voie fluviale, plus ce joueur aura de prestige ce qui permettra d’investir de nouveaux secteurs lorsque la frontière sera traversée. Un petit espace tout au bas et à la droite du tableau est réservé pour placer un exemplaire de chacun des jetons d’influence des 5 nobles existants dans le jeu  Finalement, le reste de la ville est divisé en quartiers remplis de cases permettant aux joueurs d’occuper l’espace disponible.

 

La partie se déroule en 10 rondes, chacune ayant des pouvoirs spéciaux n’étant valide que pour cette ronde. Petite touche esthétique : les tuiles des rondes sont empilées et placées dans le clocher de la cathédrale.

 

Chacun des joueurs représente un citoyen d’influence qui essaie de prendre le contrôle de la ville.

 

Le tour d’un joueur est on ne peut plus simple. En début de la partie, après avoir rempli les 25 cases de la grand-place, tous les autres jetons des autres nobles sont placés dans un sac en tissu. Le joueur pige donc un jeton (si le jeton ne l’intéresse pas, il peut toujours en piger un autre mais en dépensant un jeton qu’il a devant lui représentant les armoiries de la ville). Une fois pigé, ce jeton est placé sur le pourtour de la grand-place et est poussé de façon à faire glisser la rangée ou la colonne de jetons (les amateurs du jeu Labyrinthe se retrouveront en terrain connu).  Une fois cette action faite, le joueur pourra bénéficier de l’influence du jeton posé et des deux premiers qu’il a déplacés.

 

Ces jetons ont différentes capacités pour influencer un secteur d’activité : déplacer le navire sur le fleuve, obtenir de l’argent comptant, obtenir des cartes de contrats, obtenir les sceaux de différents quartiers.

 

Il ne restera au joueur qu’à appliquer les effets pour chacun des nobles qu’il a sélectionnés.

 

À la fin du dizième round, le joueur ayant le plus d’influence sur la ville est déclaré vainqueur. Cette influence sera calculée  à partir de la position du prestige sur le fleuve  et des points de victoire obtenus en cours de partie (argent converti, contrôle de secteurs et de quartiers).

 

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Étoiles d'Essen Spiel 2016 : Scythe

Posté le 17/01/2017

Scythe

1,9

Il y a environ un an, des rumeurs ont commencé à circuler à l’effet que Jamey Stegmaier l’auteur de Viticulture (BGG#81) préparait un jeu qui sortirait de l’ordinaire. Peu de temps après, le projet a été présenté sur la plateforme de socio-financement Kickstarter. Les joueurs ont été tellement enthousiastes que 17 739 d’entre eux ont contribué à la hauteur de 1,8 millions de dollars américain. Inutile de dire qu’avec cette coquette somme, les initiateurs avaient tout en main pour présenter un jeu de qualité supérieure. Scythe a fait sa première apparition à Gen Con cet été, mais les copies n’étaient pas prêtes à être mises sur le marché, même pour les contributeurs de la première heure. Il a fallu attendre la mi-septembre pour que les premières copies soient disponibles pour ceux-ci et à la mi-novembre pour qu’elles atteignent les tablettes des boutiques de jeux.

 

Inutile de dire que les européens attendaient de voir avec impatiente cette « bête ». Classé 18e au niveau des attentes (ce qui est très élevé pour un jeu qui n’est pas une primeur à Essen) avec 220 points, il s’est hissé au 5e rang du salon.

 

Avant de parler du jeu comme tel, je tiens à préciser que l’argent recueilli a été bien investi : Un  plateau central de très grande dimension sur lequel des hexagones surdimensionnés pour régulariser le mouvement sont imprimés, des figurines en plastiques différentes pour chacune des factions, des édifices en bois pour ajouter au réalisme, des tableaux individuels différents pour chacun des joueurs (encavés pour empêcher que les pièces ne s’égarent), et surtout le détail artistique de présentation : chacune des illustrations à partir du couvercle de la boîte jusqu’aux cartes d’actions, plateaux individuels, cartes événements représentent une scène rurale, se déroulant en Europe de l’Est aux alentours de 1920 où s’intègre des véhicules que l’on pourrait retrouver dans les films de Star Wars, unique s’apparentant à des peintures . Le tout est d’une qualité exemplaire bien au-delà de ce qu’on retrouve chez de jeux de ce type.

 

Le jeu lui-même est un hybride entre un jeu à l’américaine et un jeu à l’européenne. On pourrait le qualifier de jeu 3x (exploration, exploitation, expansion). Il lui manque le 4e X (extermination) que l’on retrouve souvent dans les jeux de civilisation.  Même si le combat est possible, il n’est pas encouragé car le thème principal repose sur la popularité auprès de la population et le joueur qui engage un combat perd de la popularité.

 

Les joueurs incarnent une des 5 factions présentes dans le jeu (chacune a des habiletés particulières) et ils ont à leur disposition 3 types d’unités : un leader (chacun est de présentation unique), des paysans et 4 unités mécanisées (elles aussi uniques à chaque faction).

 

La stratégie générale repose sur l’algorithme suivant : recueillir des ressources se trouvant dans les hexagones du plateau, acquérir des paysans, construire des bâtiments et des véhicules mécanisés et faire de l’exploration.

 

Le joueur dispose de deux plateaux individuels :

Le premier contient tous les éléments dont il a besoin : Les attributs initiaux de la faction et  les véhicules mécanisés qui  sont inactifs tant et aussi longtemps qu’ils ne sont pas déployés sur le tableau principal. Au fur et à mesure qu’ils sont utilisés, on dévoile sur le plateau (à l’endroit où était la pièce activée) de nouveaux avantages disponibles immédiatement au joueur.

 

Un deuxième tableau séparé en 4 parties : ce sont les actions disponibles au joueur. À son tour il suffit de placer le jeton action sur une des parties. Une fois fait, habituellement en payant,  le joueur peut exécuter l’action du haut ou l’action du bas de cette section

 

 

Moral

 

(pouvoir/carte combat)

 

 

Hausser de niveau

 

(améliorer structure)

Production

(ressource/travailleur)

 

Déployer

(unités mécanisées)

Mouvement

(paysan/mech)

 

Construire

(structures)

 

Échange

(ressource/popularité)

 

Recruter

(recrues)

 

 

Pour exécuter l’action du haut, il faut enlever un cube présent dans les cases et le placer dans un espace du bas, pour celle du bas enlever le cube présent et le placer sur le tableau principal.

 

À chaque fois qu’un cube est enlevé, on dévoile comme précédemment des améliorations pour les actions futures…

 

Même si le combat est découragé, il peut parfois être nécessaire (défendre ses paysans, agrandir son territoire…). Seuls le leader et les unités mécanisées peuvent combattre.  Les combattants utilisent une roulette et sélectionne secrètement le nombre de points de pouvoir qu’ils désirent sacrifier et ils peuvent ajouter une carte de combat qu’ils ont obtenus précédemment. Ils révèlent simultanément  leur choix. Celui qui a le plus investi  conserve ou gagne le territoire, le perdant doit retraiter vers une case différente.

 

Il existe une multitude de façon de cumuler des point des victoires : atteindre un objectif individuel obtenu en début de partie, remplir des objectifs intermédiaires (compléter les 6 mises à niveau, déployer les 4 unités mécanisées…). À chaque fois que ces objectifs sont atteints une étoile à la couleur de la faction est déposée sur le tableau principal. Lorsque qu’une faction place sa 6e étoile sur ce tableau, la partie est terminée.

 

Tous les points de victoire sont convertis en argent et le joueur qui en aura le plus sera déclaré vainqueur. Il ne faut pas oublier le niveau de popularité car tous les cubes, les étoiles sont multipliées par 2, par 3 voire par 4 pour les différents niveaux de popularité atteint.

 

Scythe s’adresse à un public averti et il faut consacrer environ  115 minutes par partie. Mais même si cela peut paraître complexe, les tableaux individuels sont si bien faits qu’ils servent de guide. Une fois partie tout devient fluide.

 

En terminant, je lisais récemment sur le site Tric-Trac, la phrase suivante :

« Scythe est la sensation du moment »

 

 

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